À la faveur de la nuit

Écrit par Rrose Selavy le 19/01/2012
Publié le 19/01/2012 - Permalien

Se glisser dans ton ombre à la faveur de la nuit.

Suivre tes pas, ton ombre à la fenêtre,

Cette ombre à la fenêtre c'est toi, ce n'est pas une autre,

    c'est toi.

N'ouvre pas cette fenêtre derrière les rideaux de laquelle

    tu bouges.

Ferme les yeux.

Je voudrais les fermer avec mes lèvres.

Mais la fenêtre s'ouvre et le vent, le vent qui balance

    bizarrement la flamme et le drapeau entoure la fuite

    de son manteau. 

 

Je le savais bien.

 

Corps et biens (1930)
ŒUVRES, Gallimard, collection Quarto, page 544.

Dernière modification le 23/01/2012